Amandine Arcelli

Amandine Arcelli est une artiste qui construit. L’architecture la concerne, sans vouloir en faire sa profession pour autant. Par le biais de la sculpture elle développe par ailleurs une sensibilité pour l’édification. La grille moderniste guide l’orthogonalité des structures, agrémentées d’éléments plus organiques venant en caresser la rigidité, et les stratégies des bâtisseurs orientent son aplomb. Elle regarde donc autour d’elle, pour piocher les gestes et matériaux qui pétriront la tenue de ses assemblages.

Le magasin de bricolage, le Maroc, les trottoirs, l’Inde, font parties des destinations qui conditionnent son répertoire de formes et de factures. Son engagement physique est manifeste. Il demande parfois un genre de brutalité. L’ancrage est déterminant. D’ailleurs l’élément terre est omniprésent, traité en tant que composante fertile ou pigment de surface. La couleur reste une caractéristique fascinante. C’est carnaval. Il s’agit de rituels archaïques. En parade, ses figures surgissent avec un panache certain, masquées, fardées, libres. Tout est permis pour célébrer cette vraie joie grave, maintenue vaillante par les élans d’Amandine Arcelli.

 

 

Jerôme Dreyfuss, 4 rue Jacob 75006 Paris