My-Lan Hoang-Thuy

Née en 1990.
Elle vit et travaille à Paris.

Qu’est-ce qu’une œuvre qui nous séduit ? Qu’est ce qu’un souvenir qui nous façonne ? Ces deux questions semblent animer le travail de My-Lan Hoang-Thuy. L’artiste puise une partie de son inspiration dans des souvenirs personnels, souvent fantasmés et toujours puissants ; notamment ceux d’un passé aristocratique vietnamien et d’une richesse perdue. Il y a dans ses assemblages, où l’imprimé côtoie le végétal, l’hybridation des langages et les désirs sous l’image, la forme d’une nostalgie qui ne nous appartient pas et la douce amertume des rêves qui tardent à se concrétiser.

Dans l’ouvrage De la séduction, publié en 1979, Baudrillard écrivait que « la séduction représente la maîtrise de l’univers symbolique, alors que le pouvoir ne représente que la maîtrise de l’univers réel ». Ces jeux de pouvoir se retrouvent dans les œuvres de My-Lan Hoang-Thuy : le collage comme volonté d’agencement et le choix des techniques et matières effectué pour leur potentiel évocateur.

L’artiste s’empare en effet de méthodes artisanales et de matériaux autrefois précieux, tels que la nacre, pour faire écho au faste fané et à la beauté surannée. My-Lan Hoang-Thuy s’amuse dans ses désirs d’ornementation et joue de l’envie de faire-pour-plaire ; elle semble s’élancer pleinement dans cette direction afin de faire un pas de côté.

Qu’est ce qu’une œuvre qui séduit ? Peut-être une œuvre qui s’inscrit dans une stratégie de déplacement, qui détourne, qui amène à l’écart, cherche la marge voire le point où se décide l’équilibre ou la rupture comme l’étymologie latine, se-ducere, le propose.

mylanhoangthuy.fr

10 rue du Vieux Colombier, 75006 Paris