Charlie Boisson

  • Nitro Amuin, bois, aluminium, corian, silicone, 28cmx27cmx8cm, 2017 © Charlie Boisson

    Nitro Amuin, bois, aluminium, corian, silicone, 28cmx27cmx8cm, 2017 © Charlie Boisson
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  • Scobeltzine, 2017, bois, silicone, verre, 72 cm x 43 cm x 9 cm © Charlie Boisson

    Scobeltzine, 2017, bois, silicone, verre, 72 cm x 43 cm x 9 cm © Charlie Boisson
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  • V-drome, bois, aluminium, silicone, 50 x 30 x 20 cm, 2017 © Charlie Boisson

    V-drome, bois, aluminium, silicone, 50 x 30 x 20 cm, 2017 © Charlie Boisson
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Né en 1980

Vit et travaille à Paris

Faites de lignes droites, arrondies ou brisées, interrompues ou gommées, de plans et de surfaces souvent monochromes, les combinaisons de formes primaires de Charlie Boisson (rectangles, carrés, cercles, etc.), convoquent l’art abstrait par des idiomes constructivistes. Parfois dessinées, ces constructions se formulent principalement par empirisme. Ces assemblages de variations de matières concrétisent ici un matiérisme abstrait. Il est ici question de densité, de masse, d’échelle, d’opacité ou de transparence.

Ces multiples matières s’installent dans une situation. Elles sont rassemblées, juxtaposées, agencées pour s’influencer, se répondre, se contredire dans leur composition, usinage et usage. Elles font sens ensemble, dans un espace de dialogue : des matériaux en compagnie d’autres matériaux formant une communauté.

Ses sculptures sont « jeu d’entrelacs entre objets usuels et matériaux épurés » et « répondent à une logique d’assemblage déterminée par les particularités morphologiques d’objets choisis. À la patine de l’outil ancien, qui renvoie à l'imaginaire idéalisé des métiers agricoles ou artisanaux, se voient conjugués des matériaux résolument contemporains et liés aux nouvelles technologies » – tel le corian, les écrans LCD, ou la silicone. Il est aussi question de symétrie et de structures énantiomorphes. Ces rapports symétriques sont eux-mêmes mis en abîme dans les reflets d’écrans LCD – incluant du mouvement dans la rigidité de ces sculptures. Ces écrans sont à la fois surface réfléchissante et transparente, et troublent le regard en lui permettant de passer à travers. Ils sont comme une « matière à trois temps : intériorité, entre-deux, et extériorité. »

Ces formes et matériaux gardent tout leur pouvoir évocateur : employer des matériaux usinés évoque l’activité d’un champ social, utiliser des matériaux trouvés permet de créer l’association de temps variés. Aux frontières des matériaux, dans l’au-delà de ces matières, s’éprouvent leurs symboliques, signifiés et projections de désirs humains.

Texte de Timothée Chaillou

www.charlieboisson.com

 

TILA MARCH : 24 RUE SAINT-SULPICE, 75006 PARIS